Les A.G.E. ou acides gras essentiels
Les acides gras sont différenciés suivant qu’ils sont ou non indispensables, mais il se pose aussi le problème des interférences entre les métabolismes
Compte tenu du déséquilibre entre les deux familles d’oméga-3 et d’oméga-6, il n’y a aucun souci à se faire pour l’acide gras essentiel de la famille des oméga-6. Ces conseils ne seront plus valables dans quelques années, mais aujourd’hui l’oméga-6 est omniprésent. Or, il y a deux acides gras essentiels, un pour la famille des 6 et un pour la famille des 3.
L’acide gras essentiel du 6 se transforme d’abord en acide gamma linolénique. Un certain nombre de facteurs nous échappent (peut-être à cause de la carence en oméga-3), il faut noter que cette première transformation ne se fait pas d’une manière satisfaisante, surtout chez la femme. Il est aussi possible que cette carence ait toujours existé. Il nous faut donc trouver des huiles qui contiennent cet acide gras particulier et les conseiller à la femme.
Depuis une trentaine d’année, l’efficacité avérée de traitement à l’huile de bourrache et à l’huile d’onagre a permis de vulgariser ce traitement. Pharmaciens et médecin prescrivent régulièrement des cures de gélules de bourrache et d’onagre. On conseille la prise d’huile directement pour éviter de faire en même temps des cures de gélatine.
Mr Servan-Scheiber en 2002 a été très critique sur l’acide gras essentiel de la famille des 6. Il suivait les études tendant à classer systématiquement les 6 en inflammatoires et les 3 en anti-inflammatoires. Il reprend d’autres études de 1986 sur le métabolisme de l’acide gras essentiel du 6 qui s’annihilerait en cas de surabondance. Il se pourrait qu’il y ait un seuil et que trop de 6 nuirait au 6. Il ne serait donc plus transformé en acide gamma-linolénique (GLA). Cette étude suggérait aussi de baisser le cholestérol en limitant l’acide gras essentiel et en supplémentant directement l’acide gamma linolénique pour baisser le cholestérol. On obtient des résultats similaires avec de l’onagre.
Encore faudrait-il faire de la lutte contre le niveau de cholestérol un objectif majeur. Mais que ce soit pour son action contre le cholestérol, sa transformation en acide gamma-linolénique et son action inflammatoire lorsqu’il est en surabondance, il semble intéressant de le limiter au maximum, sa présence étant assurer pour quelques années dans la chaîne alimentaire. Une femme trop sensible à son cycle peut commencer par éliminer son huile de tournesol et se supplémenter en huile de cameline. Cela pourrait relancer sa production d’acide gamma-linolénique. Si le résultat n’est pas probant, elle passera à l’huile d’onagre ou de bourrache et obtiendra son amélioration directement.
Ces quelques lignes montrent la complexité du sujet et la prudence à modifier nos habitudes alimentaires. Elles prouvent aussi que bien conseillé une personne peut avec quelques huiles spécifiques trouver le chemin de l’équilibre. Encore une fois, cela demande de s’investir et de suivre les conseils de nos amis anglais « Listen your body… »
En continuant leur métabolisme, le reste des acides gras de la famille des oméga-6 ne pose pas de problèmes particuliers. L’acide arachidonique est aussi certainement trop important. Dans la longue chaîne de transformation qui se continue, il est à l’origine des prostaglandines que le Dr Kousmine n’aimait pas. Quoique je ne sois pas un spécialiste de son régime, on peut penser qu’elle n’avait pas tous les éléments historiques pour évaluer les dégâts de la carence en 3. Par contre, elle avait déjà commencé la croisade contre les 6.
On a vu que les acides gras essentiels se transformés notamment par allongement de la chaine. Cet allongement des acides gras essentiels de base en acides de plus en plus long et complexes se terminent par la formation d’hormones. Aujourd’hui, on ne maîtrise pas l’ensemble de cette chaîne, même si les études sont de plus en plus pointues.
Par contre nous savons que les deux premières élongations dans la famille des 3 nous donnent deux acides gras importants pour le cerveau et pour la vue qui sont EPA et DHA
L’approche de la médecine en général et de la recherche en particulier tend à trouver le remède unique à des maux dont les causes sont souvent multiples. On s’est aperçu de la carence importante de ces acides gras longs chez les personnes âgées. Ce qui tombe sous le sens puisque l’acide gras « géniteur » est lui-même en carence importante depuis 30 ans. S’il est vrai que la vieillesse n’arrange pas notre organisme, il me paraît normal de commencer par supplémenter avec l’acide gras de base et de vérifier ensuite si l’organisme reprend sa production normale.
En attendant de recréer la chaîne alimentaire et de conseiller aux consommateurs de rééquilibrer son régime, il est apparu plus logique aux industriels de supplémenter directement en EPA et DHA. On trouve ces acides gras dans les huiles de poisson. La logique industrielle s’est donc lancer dans la production massive de nouveaux produits, toujours en gélules et renforcer son offre de médicaments et de compléments alimentaires. C’est aussi l’avis de l’AFSSA qui a modifié en 2008 ses conseils de 2005 et qui porte de 250 mg à 500 mg les besoins journaliers.
La carence doit d’abord et immédiatement se traiter sur un plan nutritionnel classique et il faut d’abord avoir son minimum d’oméga-3 de base qui a toujours existé dans nos contrées tempérées dans les huiles végétales vierges appropriées alors que le saumon n’a jamais peupler la Loire, la Seine et le Rhône.
L’AFSSA aujourd’hui et les vendeurs de gélules depuis dix ans diffusent le message inverse et arguent que l’organisme n’est pas capable de fabriquer assez d’EPA et de DHA et qu’il faut absolument se supplémenter en huiles de poisson.
Le rétablissement des équilibres fondamentaux permet aussi de conseiller une méthode simple et logique. Il ne faut jamais mélanger les différentes huiles végétales en démarrant un traitement. La rigueur de ce raisonnement fait que dans la plupart des cas, on peut ressentir un résultat au bout de quatre ou cinq jours. La prise d’une seule huile avec son acide gras essentiel particulier permet de bien cerner le problème. Il faut dans ce cas noter les résultats. Il est ensuite possible de démarrer une autre cure avec une autre huile pour continuer les tests. Une fois les notes bien enregistrées, il est tout à fait possible de mélanger plusieurs huiles végétales entre elles.
En résumé…Nous avons vu que la définition des acides gras essentiels qui sont indispensables parce que le corps ne les fabrique pas, doit être réévaluez à travers le prisme de la réalité de 2010 : surabondance des oméga-6 et compétition à tous les niveaux des modifications.
Donc l’acide gras essentiel de la famille des oméga-6 peut-être oublié pour quelques années et nous passons à son 1er dérivé qui nous parait très important pour les femmes et pour beaucoup d’hommes.
Pour la famille des oméga-3, privilégier le retour au sources et la consommation de l’acide gras essentiel « géniteur » qu’on trouvera dans le chanvre, la cameline et le lin avant de se supplémenter en huiles de poisson.
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